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Nepal Mission tigres 2002 Rhinocéros
unicorne indien
![]() AUTRE RESIDENT RARISSIME Le rhinocéros indien unicorne (Rhinoceros unicornis) Le rhinocéros est non seulement le plus grand animal du Parc (mis à part l'éléphant sauvage, maintenant rarement vu), mais c'est aussi, pour les populations locales, une créature sacrée faisant l'objet d'une grande vénération et possédant de nombreux pouvoirs magiques. Il aurait reçu sa corne de Parvati, conjointe du Dieu Shiva, et c'est cette croyance qui lui confère sa réputation unique. Pratiquement toutes les parties anatomiques du rhinocéros
sont convoitées d'une manière ou d'une autre :
Les Chinois considèrent la corne du Rhinocéros unicornis indien comme la meilleure, donc la plus coûteuse : Elle peut aller jusqu'à 17'000 $ par Kilo. Entre 1969 et 1976, la République Arabe du Yémen a importé plus de 22 tonnes de corne (l'équivalent de 7'800 rhino morts) pour confectionner des manches de jambias, poignards traditionnels. Presque tous les hommes Yemeni de 14 ans et plus possèdent une telle arme. Les plus belles, avec un manche en corne de rhino sculptée de façon élaborée, coûtent jusqu'à 13'000 $ la pièce.
Le rhinocéros unicorne indien était auparavant largement distribué dans les plaines de l'Indus, du Gange et du Brahmaputra. Aujourd'hui, quelques rares spécimens ont réussi à survivre dans des parcs nationaux ou des réserves de faune. On estime la population mondiale à un maximum de 1000 à 1'500 individus, dont 350 dans le Parc de Royal Chitwan. La conservation des rhinocéros est en effet un des grand succès dans l'histoire de Chitwan. En 1950, on pense qu'il y avait encore 800 rhinocéros dans la vallée; mais le braconnage et la destruction de leur habitat a fait chuter la population à moins de 100 individus dans les années 1960. Depuis l'établissement du Parc, leur population s'est graduellement rétablie. En 1976, 200 rhinos pouvaient déjà être identifiés d'après la forme et la taille de leur corne, leurs cicatrices et leur plis de peau respectifs. En 1982, la population avait atteint 350 individus. A l'heure actuelle, ils sont tellement nombreux qu'ils sont devenus une réelle menace pour les paysans vivant en périphérie du Parc. Il est clair que les rhinos se sont habitués à recevoir le meilleur de chaque monde : le jour, ils restent dans le paisible sanctuaire du Parc et la nuit, ils sortent de ses limites pour aller faire des raids dans les champs des paysans. Les villageois sont obligés de surveiller leurs champs toute la nuit pour les défendre à coup de pétards, de torches, de javelots et de tambours faits de boîtes de conserve. Malgré tous ses efforts, ils subissent à chaque fois de lourdes pertes. Par conséquent, un des grands problèmes du Département de la Faune concernant les rhinocéros est d'arriver à gérer au mieux l'excédent de leur population, surtout si cette dernière continue à augmenter au taux de 2,6% par année. Faire une élimination systématique des vieux individus ou des bêtes malades est une solution - mais bien peu acceptable pour tout vrais naturalistes. Une alternative plus constructive serait de capturer quelques rhinos vivants et de les déplacer dans un autre parc, comme à Bardia, dans le Sud-Ouest népalais ou à Dudhwa au Nord de l'Inde, où il a déjà été question de mettre sur pied des projets de recolonisation. L'anesthésie et le déplacement d'animaux aussi grands n'est pas une mince affaire. La technique a cependant déjà porté ses fruits au Kenya, où des dizaines de rhinos ont été déplacés avec succès. Ces dernières années, des rhinocéros endormis à Chitwan ont pu être envoyés en Chine,au Pakistan et en Birmanie. Actuellement, une population saine et viable de Rhinocéros unicornis n'existe que dans deux endroits : Royal Chitwan, au Népal, et Kaziranga en Assam - Inde. Si une quelconque épidémie venait à frapper l'une ou l'autre de ces populations, un grand danger d'extinction planerait sur l'espèce. Par conséquent, le déplacement et la répartition de ces rhinocéros indiens dans d'autres régions favorables à leur développement augmenterait de façon considérable leurs chances de survie à long terme. |
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