AUTRE RESIDENT RARISSIME
Le rhinocéros indien unicorne (Rhinoceros unicornis)
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Le rhinocéros est non seulement le plus grand
animal du Parc (mis à part l'éléphant sauvage, maintenant
rarement vu), mais c'est aussi, pour les populations locales, une créature
sacrée faisant l'objet d'une grande vénération et
possédant de nombreux pouvoirs magiques.
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Il aurait reçu sa corne de Parvati, conjointe
du Dieu Shiva, et c'est cette croyance qui lui confère sa réputation
unique. |
Pratiquement toutes les parties anatomiques du rhinocéros
sont convoitées d'une manière ou d'une autre : |
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celui qui porte un bracelet en peau de rhino sera
protégé contre les mauvais esprits |
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on pense qu'en fumigeant le bétail domestique
avec de la poudre d'os de rhino, on va pouvoir immuniser ce dernier
contre la fièvre aphteuse ou autres épidémies |
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les fèces de rhino sont laxatives. En plus,
mélangées à du tabac et ensuite fumées,
elles guériraient la toux |
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pendant le Shradda, rituel indou tenu le jour
de la mort d'un défunt, un mélange d'eau et de lait
est offert aux Dieux. Si cette libation peut être faite dans
une outre en peau de rhinocéros ou dans une de leurs cornes,
elle apportera une paix rapide à l'esprit du défunt |
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sang et urine sont tous deux employés à
des fins médicales. Lorsqu'un rhino est blessé au cours
d'un combat, on peut retrouver des coagula séchés de
sang noir à l'endroit où il a dû se reposer. Les
indigènes collectent ce sang, le dissolvent dans de l'eau,
et utilisent cette potion comme médicament contre les problèmes
de menstruation ou les hémorragies post natales. L'urine est
prélevée avec autant d'enthousiasme pour traiter l'asthme,
les douleurs stomacales et la tuberculose |
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la viande de rhinocéros, même puante
et truffée d'asticots, est prélevée et mangée
avec délice pour se donner santé et vigueur. |
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la partie cependant qui fait l'objet de toutes
les convoitises, exerce la plus grande fascination et vaut son pesant
d'or, est la corne du rhinocéros. En Asie, au Moyen-Age, on
croyait que les tasses sculptées dans de la corne de rhino
pouvaient détecter un quelconque poison en gelant tout liquide
impure ou en cassant la tasse en deux si du poison y était
versé. De nos jours, de nombreuses pharmacies en Extrême
Orient vendent des produits faits à base de corne de rhino
pour traiter toutes sortes de maladies.
Les Chinois ne le prescrivent pas, comme on le croit à l'Ouest,
comme aphrodisiaque mais comme fébrifuge. C'est en Inde, et
particulièrement dans les Etats du Gujarat et du West Bengal,
qu'il est utilisé comme stimulant sexuel. |
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Les Chinois considèrent la corne du
Rhinocéros unicornis indien comme la meilleure, donc la plus
coûteuse : Elle peut aller jusqu'à 17'000 $ par Kilo.
Entre 1969 et 1976, la République Arabe du Yémen a importé plus de 22 tonnes de corne (l'équivalent de
7'800 rhino morts) pour confectionner des manches de jambias, poignards
traditionnels. Presque tous les hommes Yemeni de 14 ans et plus possèdent
une telle arme. Les plus belles, avec un manche en corne de rhino sculptée
de façon élaborée, coûtent jusqu'à 13'000
$ la pièce.
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Le rhinocéros unicorne indien était
auparavant largement distribué dans les plaines de l'Indus, du
Gange et du Brahmaputra. Aujourd'hui, quelques rares spécimens
ont réussi à survivre dans des parcs nationaux ou des réserves
de faune. On estime la population mondiale à un maximum de 1'000
à 1'500 individus, dont 350 dans le Parc de Royal Chitwan. |
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La conservation des rhinocéros est en effet un
des grand succès dans l'histoire de Chitwan. En 1950, on pense
qu'il y avait encore 800 rhinocéros dans la vallée; mais
le braconnage et la destruction de leur habitat a fait chuter la population
à moins de 100 individus dans les années 1960. Depuis l'établissement
du Parc, leur population s'est graduellement rétablie. En 1976,
200 rhinos pouvaient déjà être identifiés d'après
la forme et la taille de leur corne, leurs cicatrices et leur plis de
peau respectifs. En 1982, la population avait atteint 350 individus. A
l'heure actuelle, ils sont tellement nombreux qu'ils sont devenus une
réelle menace pour les paysans vivant en périphérie
du Parc. Il est clair que les rhinos se sont habitués à
recevoir le meilleur de chaque monde : le jour, ils restent dans le paisible
sanctuaire du Parc et la nuit, ils sortent de ses limites pour aller faire
des raids dans les champs des paysans. Les villageois sont obligés
de surveiller leurs champs toute la nuit pour les défendre à
coup de pétards, de torches, de javelots et de tambours faits de
boîtes de conserve. Malgré tous ses efforts, ils subissent
à chaque fois de lourdes pertes.
Par conséquent, un des grands problèmes
du Département de la Faune concernant les rhinocéros est
d'arriver à gérer au mieux l'excédent de leur population,
surtout si cette dernière continue à augmenter au taux de
2,6% par année. Faire une élimination systématique
des vieux individus ou des bêtes malades est une solution - mais
bien peu acceptable pour tout vrais naturalistes. Une alternative plus
constructive serait de capturer quelques rhinos vivants et de les déplacer
dans un autre parc, comme à Bardia, dans le Sud-Ouest népalais
ou à Dudhwa au Nord de l'Inde, où il a déjà
été question de mettre sur pied des projets de recolonisation.
L'anesthésie et le déplacement d'animaux aussi grands n'est
pas une mince affaire. La technique a cependant déjà porté
ses fruits au Kenya, où des dizaines de rhinos ont été
déplacés avec succès.
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Ces dernières années, des rhinocéros
endormis à Chitwan ont pu être envoyés en Chine,au
Pakistan et en Birmanie. |
Actuellement, une population saine et viable de Rhinocéros
unicornis n'existe que dans deux endroits : Royal Chitwan, au Népal,
et Kaziranga en Assam - Inde. Si une quelconque épidémie
venait à frapper l'une ou l'autre de ces populations, un grand
danger d'extinction planerait sur l'espèce. Par conséquent,
le déplacement et la répartition de ces rhinocéros
indiens dans d'autres régions favorables à leur développement
augmenterait de façon considérable leurs chances de survie
à long terme. |
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