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Nepal Mission tigres 2002/3 Rhinocéros
unicorne indien
Programme 2002/3 de conservation des tigres
Au cours de ces 50 dernières années, les animaux ont subi de telles pressions que beaucoup d'espèces ont été poussées à la limite de l'extinction. Le tigre en est un des plus tristes exemples. La perte et la fragmentation de son habitat, la demande constante de la médecine traditionnelle chinoise, la chasse aux trophées (du tigre lui-même ou de ses proies) et l'abattage systématique des animaux entrant en conflit avec les populations locales ont décimé une des plus belles espèces animales d'Asie. On estime qu'il ne reste plus aujourd'hui que 10% de la population totale des tigres qui évoluaient dans les années 1950. 3 sous-espèces sont dorénavant éteintes. 2 d'entre elles ont même disparu, et ceci bien après qu'on ait pris mondialement conscience des menaces qui planaient sur l'espèce et de l'urgence qu'il y avait à la conserver. Une quatrième sous-espèce, le tigre de Chine du Sud (Panthera tigris amoyensis) est réduite à si peu d'individus qu'elle n'est à l'heure actuelle plus viable dans son milieu naturel. Le Népal, bien qu'un des pays les moins développés au monde, apporte une énorme contribution aux efforts globaux de conservation des espèces animales sauvages et de leurs habitats. Dans plusieurs régions, le Népal a pris des initiatives de conservation de pointe. Il soutient des projets de développement éco-touristique dans la zone de conservation de l'Anapurna, de gestion forestière communautaire, de création de zones tampon entre les villages limitrophes et les réserves naturelles, qui ne peuvent être exploitées que de façon très stricte : utilisation durable, respectueuse de l'environnement. Pour un pays à la démographie galopante difficilement contrôlable, soumis par conséquent à une énorme pression économique et entièrement dominé par sa topographie, avoir réussi à mettre de côté 18% de sa superficie pour créer des zones protégées est un accomplissement des plus louables.Le Parc National de Royal Chitwan a été établi en 1973. Cependant, son histoire en tant que zone protégée remonte au 19ème siècle, quand le dirigeant de l'époque, le Maharaja Jung Bahadur Rana, a déclaré la vallée de Chitwan : Réserve de Chasse Royale. C'est cette protection, à des fins autant cynégétiques que stratégiques, qui a permis qu'une telle zone d'habitat sauvage viable soit préservée jusqu'à nos jours et soit finalement classée en Parc National.
Aujourd'hui, Royal Chitwan est l'un des plus beaux exemples de prairies alluviales et de forêts du sous-continent indien - région sauvage qui s'étend sur une grande partie de la plaine du Gange. Deux autres réserves protégées bordent ce parc : La Réserve de Faune de Royal Parsa, à l'Est, et la Réserve à Tigres de Valmiki, au Sud, dans l'état indien du Bihar. Des zones de forêts gouvernementales limitent en plus le Nord et le Nord-Ouest de Chitwan. Toute cette région sauvage, qui prise dans son ensemble est appelée le Grand Chitwan, représente un des derniers territoires des tigres du Bengale du Népal. C'est un des écosystèmes les plus viables de tout le sous-continent indien. Il comprend approximativement 60 à 70 tigres territoriaux. Bien que la région de Chitwan soit considérée, autant au niveau de son type d'habitat que des proies qui y évoluent, comme un des biotopes les mieux adaptés aux besoins écologiques des tigres, cette dernière n'échappe pas cependant à l'importante pression de la population humaine qui vit en périphérie du parc. La récolte illégale d'herbe, de bois et de produits forestiers issus de la réserve ne cesse d'augmenter. Suite à l'éradication des tigres du sud de la Chine au cours des années 1950 et 1960, le taux de braconnage au Népal et en Inde n'a fait que de croître proportionnellement, pour couvrir la forte demande de la Médecine Traditionnelle Orientale en produits dérivés d'animaux menacés. L'Agence Tiger Tops Limited a été établie en 1965. Elle était la première organisation de safari au Népal. Offrant d'abord des expéditions cynégétiques, Tiger Tops s'est ensuite reconvertie en organisation éco-touristique, s'impliquant de très près dans la conservation de l'écosystème de la région. Pour prouver leur volonté de conservation et de protection, les responsables de Tiger Top ont créé, en 1980, le 'International Trust for Nature Conservation' (ITNC). Cette ONG, reconnue et enregistrée au Royaume Uni (numéro 281101), est dirigée par un comité de 'Trustees' comprenant des professionnels techniques, des administrateurs et des donateurs. Bien que ITNC ne soit pas limitée géographiquement, sa sphère d'opération se situe cependant principalement dans la région Sud du Népal, entre Royal Chitwan et Royal Bardia. Cette mission 'Tigres 2002/3', mise au point en commun
par 'Himalayan Kingdom' et Tiger Mountain', a été élaborée
pour développer des projets de conservation et augmenter, dans
l'immédiat et à l'avenir, l'efficacité des actions
de protection des tigres entreprises par ITNC. Ce programme a pour buts
la préservation des derniers survivants du tigre royal du Bengale
(Panthera tigris tigris) au Népal. L'objectif est de regrouper
différents projets travaillant dans le même but afin de leur
donner de nouvelles possibilités d'action, d'approfondir nos connaissances
en matière d'écologie des tigres et d'augmenter ainsi nos
capacités de protection de cette espèce.
La protection physique des tigres est vitale pour leur conservation à long terme, leur habitat ne représentant plus qu'un îlot de terres sauvages dans un océan d'humanité. Mais il est aussi capital de sensibiliser et d'éduquer les populations locales en matière de préservation et de respect de leur environnement. Dans l'hypothèse que ce projet génère des fonds excédentaires, nous les utiliserons pour étendre nos activités de conservation, de protection et d'éducation dans d'autres parcs et réserves de la plaine du Terai au Népal. Les tigres ne seront pas, il va sans dire, les seuls
bénéficiaires de cet important programme de conservation.
Grâce à eux, toutes les autres espèces sauvages menacées
ou plus communes partageant le même habitat et formant, dans leur
ensemble, l'écosystème complexe du Terai, seront préservées.
Celles-ci comprennent le rarissime rhinocéros unicorne indien
(Rhinocéros unicornis), Cette 'Mission Tigres 2002/3' nous permettra de nous faire une idée claire et réaliste des problèmes que la conservation des tigres et de leur habitat engendrent sur le terrain. Nous pourrons ainsi prendre les mesures pratiques adéquates pour protéger efficacement l'une des espèces les plus menacées de la planète. Soutenir ce projet, c'est avoir conscience de l'urgence qu'il y a à prendre les choses en mains. Nous espérons en plus, que toutes personnes qui désirent s'impliquer deviennent parallèlement des ambassadrices de la cause du tigre dans leur pays respectif. Trois composantes doivent être prises en considération si on veut réussir à combiner protection, connaissance de l'espèce et sensibilisation :
En 1991, suite à une sérieuse recrudescence
du braconnage des tigres et des rhinocéros indiens, ITNC s'est
jointe au Département des Parcs Nationaux et de la Conservation
de la Faune (DNPWC) pour revoir les tactiques de lutte anti-braconnage
utilisées et en élaborer de plus efficaces. 2 unités
de surveillance, créées en 1993, en sont issues. Ces unités
sont composées d'un garde forestier Bien que le gouvernement puisse mettre à disposition
des hommes entraînés, les budgets restent très restreints
et les équipements inadéquats, diminuant l'efficacité
du travail. Le gouvernement n'a Equipement de terrain manquant :
Un bon réseau de renseignements est indispensable pour effectuer des opérations de surveillance stratégiques efficaces. Le braconnage illégal est souvent entrepris par des individus armés et sans scrupule, et ne peut malheureusement être jugulé que par des actions paramilitaires de même ordre. ITNC a par conséquent fondé, depuis 1991, un réseau de renseignements et un système de récompenses pour tenter de recueillir des informations importantes permettant de démasquer toutes activités de braconnage et d'arrêter les trafiquants. En l'an 2000, ITNC a déboursé 295'000 roupilles (4000 US$) en guise de récompenses. Elle a parallèlement doublé ses engagements financiers depuis novembre 2000 pour renforcer ce réseau de renseignements. L'augmentation du nombre d'arrestations de braconniers, comme en témoignent les statistiques, prouve l'efficacité d'un tel réseau. Cependant, ces unités de renseignements locales ne sont amenées qu'à dépister des braconniers de terrain locaux, de loin les plus nombreux mais non pas les plus dangereux, étant situés au bas de l'échelle hiérarchique. Bien que les arrestations effectuées aient menés à de nombreuses pistes, l'état d'extrême pauvreté des communautés locales fait en sorte que les places des hommes arrêtés sont occupées, 6 mois plus tard, par de nouveaux braconniers. Il est donc impératif de pouvoir détecter les vrais responsables, le milieu des décideurs, ceux qui occupent les étages supérieurs de la pyramide. Cette approche sera plus efficace pour déstabiliser le réseau dans son ensemble et arriver à juguler le braconnage. Un dealer, ou homme du milieu, peut avoir plusieurs équipes de petits braconniers indigènes sous sa tutelle. La disparition d'un tel homme va entraîner la paralysie de toutes les équipes de terrain dont il s'occupe. L'objectif à long terme de ce réseau de renseignements est d'établir des groupes entraînés d'agents informateurs dans les centres urbains locaux afin de recueillir des informations concernant le milieu des 'décideurs intermédiaires'. Des efforts seront aussi faits pour mettre sur pied des systèmes similaires dans les villes principales, comme la capitale Kathmandu, et pour développer une coordination régionale et internationale entre autorités gouvernementales et représentants des ONGs. Une telle approche devrait nous aider à museler les responsables de plus haut niveau. Avec la structure proposée, toutes les couches de trafiquants illégaux, depuis les pisteurs de terrain jusqu'aux décideurs et organisateurs, sont parallèlement ciblées. Actuellement, ITNC couvre la plus grande partie des frais générés par les activités de lutte anti-braconnage. Les fonds de la mission 'Tigres 2002' seront utilisés en grande partie pour essayer d'atteindre et de juguler les responsables placés en haut de la hiérarchie. Une certaine proportion de ces financements sera aussi réservée au développement du réseau local de renseignements. Pour faciliter les déplacements des informateurs de terrain, diminuer les difficultés de communication et accélérer ainsi les échanges de renseignements, l'acquisition de motos serait de première nécessité. Les motos, véhicules communs au Népal, ont l'avantage de passer inaperçues dans un village, contrairement à une voiture tout terrain. Carburant et maintenance doivent bien sûr être pris en considération dans l'élaboration du budget. Notre réseau de renseignements est renforcé par un système de récompenses pour toutes informations menant à la poursuite judiciaire de personnes impliquées dans le trafic illégal de produits provenant d'espèces animales menacées. Actuellement, la majorité des récompenses est allouée au personnes directement impliquées dans ces arrestations. Le salaire moyen par habitant étant très peu élevé et les offres de travail dans la protection de l'environnement limitées, ces récompenses apportent non seulement un revenu complémentaires aux populations locales mais stimulent aussi ces dernières à renoncer au braconnage et à lutter contre ce dernier. Ce système représente un important composant de notre stratégie de lutte anti-braconnage. Avec un apport de fonds supplémentaire, ITNC aurait la possibilité de développer ce système de récompenses. Elle pourrait alors récompenser, et les responsables des arrestations de braconniers, et les personnes qui auraient procuré les informations nécessaires à ces arrestations. De plus, l'importance de cette récompense devrait pouvoir être fixée en fonction de la valeur marchande de la contrebande. En effet, si les fruits du braconnage rapportent plus que la récompense proposée pour dénoncer les délinquants, le système sera d'une efficacité limitée. ITNC souhaiterait aussi pouvoir étendre ce système de récompenses au personnel administratif, pour que ce dernier ne soit pas tenté d'accepter des pots de vin pour sortir les trafiquants plus vite de prison. Une des conséquences de l'expansion de ce réseau de renseignements est l'augmentation du nombre d'arrestations à venir, et par conséquent du montant total des récompenses à distribuer. Plus de fonds seront donc nécessaires. 2. Suivi et recherches scientifiques
En utilisant des appareils de photos pièges, permettant de filmer les tigres à leur insu dans la zone de jungle étudiée par ITNC, il a été possible d'identifier les différents individus résidents et de recueillir une quantité d'informations importantes sur les mouvements et sur l'organisation sociale des tigres. L'utilisation d'une telle technique est essentielle non seulement pour mieux comprendre la nature élusive de ces animaux, mais aussi pour évaluer l'impact des mesures de protection sur leur population. Cette technique de recensement, d'étude et de suivi grâce à des appareils de photos pièges est un excellent moyen d'évaluer les activités de braconnage. En effet, une investigation est tout de suite entreprise si on remarque qu'un tigre n'a pas été photographié par l'appareil de photos pièges pendant une période donnée. ITNC a formé une équipe de cadres qualifiés,experte dans la pose d'appareils de photos pièges et dans l'interprétation des données recueillies. Une telle unité photographique est constituée d'un :
L'unité est placée en travers des pistes empruntées par les tigres. Tout tigre passant sous cet équipement va intercepter un rayon infra-rouge et déclencher ainsi l'appareil. Actuellement, ITNC possède 5 unités opérationnelles. 5 appareils supplémentaires seraient nécessaires pour en avoir 8 continuellement en fonction et 2 en réserve en prévision des inévitables dégâts ou perte de l'équipement. B. Piles, pellicules et développement photographique Des piles longue durée sont nécessaires pour faire fonctionner les récepteurs et les transmetteurs Trailmaster 1500, ainsi que les appareils photos pièges pendant toute la saison sèche. Les films les plus appropriés sont des Kodak 200. Une fois développées, les photos sont utilisées pour cataloguer et identifier les populations de tigres dans la zone d'étude. C. Salaire du personnel spécialisé - Assurance privée et équipement - Salaires et assurance privée Un important financement est nécessaire pour couvrir les salaires de l'équipe responsable de la pose et de la gestion de ces photos pièges ainsi que celui d'un aide. Dans l'exercice de ses fonctions, il n'est pas rare que cette équipe se trouve dans des situations dangereuses, confrontée à des braconniers ou à des animaux sauvages. L'année dernière, elle a été chargée par un rhinocéros qui n'a heureusement écrasé sur son passage qu'une bicyclette. Cette année, c'est un 'sloth bear' auquel ils échappèrent de justesse. Une assurance privée pour chaque employé est donc nécessaire pour couvrir les frais ou dédommager les familles en cas d'accident de terrain. - Amélioration de l'équipement Sacs à dos solides, appareils GPS, couteaux 'kukri', matériel de camping, jumelles, représentent des pièces d'équipement indispensables pour améliorer l'efficacité des patrouilles, surtout lorsque ces dernières se font loin des pistes praticables en VTT. D. Vélos tout terrain et carburant Un VTT est nécessaire à l'intérieur du parc pour faciliter le travail de l'équipe responsable des photos pièges. Il va leur permettre d'aller installer, vérifier l'équipement et récolter les données des appareils disposés dans la jungle profonde, loin de tout lodge ou de tout campement, de façon plus régulière. L'éducation des populations est une condition sine qua non pour arriver à conserver les tigres. Cette sensibilisation est particulièrement nécessaire pour les communautés qui vivent à proximité des réserves et qui sont par conséquent enclines à entrer en conflit avec les tigres. Les îlots d'habitat sauvage qui correspondent aux besoins écologiques des tigres au Népal sont généralement encerclés par des implantations humaines. Les populations limitrophes exercent une forte pression sur les ressources forestières, allant récolter du bois de feu, des herbes et autres produits sylvestres. Le braconnage des rhinocéros indiens pour leurs cornes et des tigres pour leur peau, leurs os et autres produits dérivés est de plus une tentation constante pour ces gens dont les revenus moyens sont extrêmement restreints. ITNC planifie de mettre sur pied un programme d'éducation
qui ciblera spécifiquement les populations vivant à proximité
des tigres. Mise en place de ce programme d'éducation Pour mettre un tel programme sur pied, ITNC va passer
un contrat avec la plus importante ONG locale spécialisée
en éducation : Cette proposition de financements a été établie de concert entre ITNC, organisation de protection et de conservation de la faune sauvage des réserves de Royal Chitwan et de Royal Bardia, et Tiger Tops, organisme touristique qui s'investit parallèlement depuis des années dans la préservation du Parc National de Royal Chitwan. Les efforts de conservation de ces deux organisations sont totalement soutenus par le gouvernement de sa Majesté au Népal, représenté par le Département des Parcs Nationaux et de la Conservation de la Faune. La mise en vigueur de ce projet aura un impact important
sur la protection et la conservation des tigres du Bengale dans un des
derniers habitats qui leur est réservé sur tout le sous-continent
indien. 7000 FCH dans ce projet de conservation des tigres au Népal. |
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