Wildlife SOS : un partage d’expérience avec le zoo de Zurich
Depuis 2009, l’ONG indienne Wildlife SOS s’engage à protéger et soigner les éléphants exploités dans les cirques, temples ou attractions touristiques. Forte de centres de soins, d’hôpitaux et d’équipes vétérinaires prêtes à parcourir tout le pays pour des sauvetages parfois dangereux, l’association multiplie aussi les échanges internationaux. Récemment, son cofondateur Kartick a partagé son expérience avec les responsables du zoo de Zurich, dans un dialogue passionnant entre terrain et recherche zoologique.
Wildlife SOS a débuté en 2009 un programme de protection et conservation destiné aux éléphants détenus par les cirques, les temples (également appelés « éléphants mendiants »), des particuliers ou ceux promenant les touristes, comme à Amer fort à Jaipur. Wildlife SOS a parallèlement lancé sa campagne « RefusetoRide.org » qui explique les cruautés infligées aux éléphants pour les rendre dociles.
Le premier centre a été ouvert à Mathura, près d’Agra dans le Rajastan, un second a suivi à proximité avec en 2018, la construction du premier hôpital pour éléphants d’Inde. Chacun peut recevoir 16 éléphants et un troisième est en cours de finition avec un second hôpital qui pourra recevoir deux éléphants en même temps et comprendra 42 enclos. La proximité du fleuve Yamuna permet aux chanceux de se baigner.
Ce projet a pris une forte ampleur et les gens n’hésitent plus à alerter Wildlife SOS. Quatre vétérinaires y travaillent à temps plein, deux camions ambulance se chargent d’aller chercher les éléphants aux quatre coins du pays et chaque sauvetage est périlleux, car les propriétaires sont menaçants et refusent de perdre une entrée d’argent.
Lors du voyage en Suisse de notre partenaire de terrain Kartick, Terre et Faune a organisé une rencontre avec les responsables « fauves » et « éléphants » du zoo de Zurich. L’après-midi a filé et les échanges étaient passionnants, chacun partageant ses expériences et connaissances : Kartick du terrain et les responsables de la sécurité et des programmes de reproduction. Nous avons découvert que les différents fauves du zoo de Zurich tournent d’une cage à une autre, sans jamais la partager, ceci uniquement pour les occuper à découvrir les odeurs. Le système de sécurité a beaucoup intéressé Kartick, même s’il est trop sophistiqué pour le centre des léopards de Junnar. Kartick a attiré leur attention sur le danger de mettre une jeune femelle tigre avec un mâle, leur rappelant trois accidents tragiques. Il leur a recommandé de suivre attentivement le cycle de la jeune femelle et leur a prodigué des conseils pratiques.
Charlotte qui nous a reçus pour la visite des éléphants avait été bénévole au centre des éléphants de Wildlife en 2018. Elle était donc ravie de rencontrer Kartick ! Elle a expliqué que toutes les plantes qui poussaient dans et autour de l’enclos étaient comestibles et que quand ils faisaient « les foins », tout était donné aux éléphants ! Kartick a pris de nombreuses photos et s’est promis de faire pousser ces plantes dans leurs divers jardins.
Kartick a présenté le projet de thé pour sauver les éléphants. Au sud de l’Inde, les éléphants traversent les champs de thé et font des dégâts. Pour convaincre les propriétaires des fermes à thé de les laisser passer, Wildlife SOS s’engage à leur racheter une partie de la récolte et la vend dans ses magasins ou sur son site.
La visite s’est terminée par une invitation à visiter l’Inde et les projets de Wildlife SOS et le sentiment d’avoir tous beaucoup appris des partages d’expérience.





